Le jour où j'ai puni ma fille ...

Publié le 20 Octobre 2014

Sans surprise, chez nous, nous ne sommes pas très branchés punitions. On en reparlera peut-être à cinq ans, mais à pas encore deux, il me semble que ça ne peut guère marcher... En tout cas, chez nos connaissances qui pratiquent, ça n'a pas l'air d'une efficacité remarquable, exception faite des châtiments corporels qui chez nous sont proscrits.

On applique donc le retrait de l'objet mal utilisé - et son remplacement par un autre, parce que justement, ça n'est pas une punition. Par exemple, ce matin, A. se faisait les dents sur un livre. J'ai demandé 2-3 fois qu'elle l'ôte de sa bouche, elle a coopéré, mais machinalement, toujours recommencé. J'ai dit "A., on ne mâche pas ses livres, cela les abime. Si tu as mal aux dents, tu peux prendre ton anneau." Elle a posé le livre sans aucune difficulté, a été se planter devant le frigo en disant "Maman, teuplé, lanooo !".

En revanche, là ou nous faisons quelque chose qui ressemble à une punition, c'est quand A. mord. Quand elle a commencé à nous taper, sous le coup de la fatigue ou de la joie, on a pris le parti d'expliquer, réexpliquer que ça ne se faisait pas, et qu'on faisait des caresses à la place. C'était d'autant plus facile que lorsqu’on lui donnait une seconde chance, on pouvait guider sa main en disant : caresse, voilà ... Aujourd'hui, cela semble acquis.

Par contre, la même tactique n'a absolument pas marché pour les morsures, car elle ne savait pas faire des bisous, et du coup, chaque fois qu'on lui donnait la possibilité de réessayer, elle mordait à nouveau ... Donc on expliquait que c’était non. Cela aussi semble acquis, mais parfois, comme en ce moment ou quatre grosses dents du fond sont en train de percer, ça ressort... Et généralement, toujours dans les mêmes circonstances : mal aux dents , nous quittons le parc, nous la prenons aux bras car elle est trop fatiguée pour marcher (cf point 1), et paf. Donc on la pose en disant qu'on ne garde pas aux bras un enfant qui mord. Et au bout de la deuxième fois si deuxième fois il y a, on la porte d'une façon qui empêche les morsures... Et qu'elle déteste. Punition, pas punition ? Possible, en tout cas à ce moment-là il est impossible de lui demander de marcher, faute de quoi elle ne cesse de tomber. Donc, c'est finalement la moins pire des options...

Je l'ai un jour punie parce qu'elle ne cessait d'allumer le four malgré mes tentatives de détournement d'attention, mes explications, malgré le fait que je nous avions passé un long moment ensemble juste avant... Qu'elle le touche, passe encore, mais qu'elle l'allume, ça me faisait peur. Sur le moment, je l'ai mise au coin doucement, mais fermement, en lui disant qu'elle allait se mettre un peu là et réfléchir. J'étais parfaitement consciente que je faisais ça pour reprendre le contrôle de la situation (Merci Filliozat) et parce que j'avais eu peur. Du coup, j'ai pu appliquer ma sentence sans la brusquer ou lui crier dessus... Et ça a suffi. Pour quelques minutes... RhaaaaaaaaaaaAAAAAAA. Pour ne pas perdre la face, je l'ai refait deux/ trois fois ce jour là, un peu moins le lendemain, et puis plus du tout ensuite. Est-ce-qu'elle a cessé de toucher le four ? Oui.

A la même époque, elle dessinait déjà beaucoup. Et souvent, elle oubliait de mettre une feuille, et dessinait sur le parquet... Je lui ai appris à nettoyer, et cela l'amusait beaucoup. Je commençais à me dire que la méthode n'était pas bonne...Et pourtant, elle a fini par cesser spontanément.

A la lecture de ces deux exemples, on peut subodorer que si elle a cessé de toucher le four et d'écrire par terre, c'est parce que ce n'était plus rigolo... Parce que ça n'avait plus l'attrait de la nouveauté. Absolument pas à cause de la punition, puisque dans le second cas, elle adorait nettoyer !

Dans le premier cas, je n'ai jamais pu proposer une activité alternative. Mais dans le second, elle a appris à dessiner sur une feuille... Maintenant, ça lui paraît logique !

Et devinez ce qu'elle a fait quand, deux mois bien tassés après le passage du four, elle a recommencé à l'allumer ? Elle l'a fait, puis immédiatement après, elle est allée se mettre au coin, tout sourire. Je crois très sincèrement qu'elle n'avait aucune conscience de faire une bêtise... Elle avait enregistré dans sa tête four=coin, comme crayon=feuille, sortir=veste...

A mon avis, c'est pour ça que sur un très jeune enfant, les punitions ne marchent pas. Et à mon avis toujours, c'est pour ça qu'il faut apprendre à l'enfant comment faire, et ne pas hésiter à offrir un plan B. Quand A. essaie de prendre un livre qui ne lui appartient pas dans notre bibliothèque, souvent, elle se corrige seule... Et si elle ne le fait pas, il me suffit de dire "A., ce sont les livres de Papa, là !", elle range le livre et se dirige vers les siens... Mais avant, j'ai du lui faire répéter cette séquence des dizaines de fois. Peut-être que ça aurait été plus vite si j'avais puni ? Mais désormais, elle fait seule, et parfois, elle me regarde l'air de dire "hé, t'as vu, je me suis souvenue"... Alors je souris.

Peut-être que je suis naïve ou que j'ai de la chance, car c'est une enfant géniale... Peut-être aussi que tout bêtement, aç vaut le coup d'essayer...

Rédigé par Apostille

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Lila 06/11/2014 16:32

Chez nous, le magicien est puni quand il nous tape. Ou plutôt quand il nous tape une fois, qu'on lui explique, qu'il dit qu'il a compris, et qu'il recommence, 3 fois, 4 fois. Il va passer quelques secondes seul dans sa chambre. La caresse "à la place", ça marchait bien au début, quand on sentait que la tape était un débordement d'énergie, mais ce n'est plus vraiment le cas depuis, il a conscience de faire quelque chose qu'il n'a pas le droit de faire.
Est-ce que je trouve que c'est une bonne solution ? Non. Mais on en a pas trouvé de meilleure. Donc on se contente de ça, parce qu'on ne sait pas trop quoi faire d'autre (et que c'est LE truc que je refuse de "laisser passer"). Ca arrive beaucoup moins ces derniers temps mais je suis loin de clamer "la punition est efficace", je pense qu'il a juste compris que ça faisait mal et que ce n'était agréable ni pour nous ni pour lui.
Pour le reste, on fait comme vous, on répète, on explique, on réexplique, on propose des "plans B" et finalement on se rend compte de tout ce qu'il a intégré, compris, enregistré, appris à faire et qu'on lui dit beaucoup moins "non" que quand il avait 18 mois...