En passant ...

Publié le 17 Juin 2014

Avant de revenir très vite, ce n'est pas que je manque de choses à partager (Lila, j'ai trouvé un livre sensationnel, il faut que je t'en parle !), mais j'ai une vie un peu ... Déstructurée, on va dire !

L'autre jour, je tenais ma fille dans mes bras. Elle était en pleine crise, semble-t-il provoquée par une histoire de poussette-jouet qu'elle devait, bien contre son gré, rendre à sa propriétaire. Les Filliozateurs qui rôdent ici auront compris que l'histoire de la poussette n'était que la goutte d'eau, qu'elle avait surtout besoin de se lâcher un bon coup après sa journée à la crèche, et que ça ne m'avait pas échappé...

Evidemment, on avait tenté des manoeuvres subtiles pour l'éloigner de cette fichue poussette, mais ça avait raté. Elle commence donc sa crise, je suis obligée de la maintenir sinon elle part à la poursuite de ladite poussette, elle hurle. Au square à 17 heures, grand moment de solitude, deux cent parents mais pas UN pour essayer de m'aider... Je respire un bon coup, tenant toujours ma crevette hurlante, et je dis calmement un truc comme ça "Oui, je sais, ça te fait un gros chagrin, elle était belle cette poussette... Tu aurais voulu la garder, et puis, c'est dur quand on est fatiguée de sa journée, hein ? " ... Je ne m'étendrai pas ici sur le sujet (et pourtant, j'en aurais à dire) des pleurs de décharge.

Seulement, au moment même où je disais tout ça à ma fille, j'ai eu comme un flash.

Elle ne m'entendait probablement pas !

Elle ne m'entendait pas, et pourtant, j'ai compris pourquoi cette façon de faire est "juste" (à mes yeux).

D'abord, parce qu'elle entend que je lui parle, donc ça la calme, et ça lui donne envie d'écouter. Au pire, elle sent ma cage thoracique qui vibre et ma respiration, ça la berce un peu.

Quand elle commence à se calmer, elle commence à entendre, et peut alors comprendre que je suis avec elle dans cette "épreuve". Minuscule, certes,pour moi, mais pas pour elle.

Ensuite, je sais que pour lui restituer du calme, je dois moi-même être calme. Et le fait de parler calmement et posément, de se concentrer là-dessus dans un déluge de cris, ça oblige à se recentrer.

Et enfin, et c'est là la vraie révélation pour moi, parce que cela m'a parmis de poser mon attitude (de "m'aligner", @ Floh). Dans ce contexte-là, c'est assez peu parlant, parce que je ne pouvais rien faire, l'enfant partait, et elle partait avec la poussette.

Mais quand il s'agit d'extirper la Krevett du milieu aquatique, ou de changer sa couche malgré sa non-coopération flagrante, j'énonce les raisons de ma décision : je te demande de sortir du bain parce que tu fatigues et que tu n'auras plus de forces pour manger si tu tardes trop, je te change tout de suite parce que tu as le siège irrité et que je ne veux pas que ça empire... Parfois, mon explication est décousue, je m'agace et j'ai bien envie de dire "c'est comme ça et puis c'est tout". Master alarm, ça vire à la lutte de pouvoir ! En général je tiens bon par principe, mais ce comportement est le signe que je n'ai pas vraiment de bonne raison... Et ça me sert de leçon pour la fois suivante !

Mais souvent, le fait de dire mes raisons à voix haute me permet de "m'ancrer", de "valider" que même si A. râle sur le coup, je fais ça en ayant son confort / son bien-être en tête. Du coup, j'accepte la râlerie ou la colère, parce qu'à plus ou moins long terme, c'est mieux.

Bien évidemment, en général, je désamorce les crises en amont , mais dans les moments de tempête, je trouve que cette façon de procéder est vraiment... Et bien je n'ai pas d'autre mot, "juste".

Bien plus de toute façon que "Ah, non mais ça suffit, c'est moi qui décide, arrête ton cirque !" ;)

Rédigé par Apostille

Publié dans #Questions et réfléxions d'ordre général ...

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article