Saison 0 - Episode 9 - Erf !

Publié le 15 Octobre 2012

Cet article m'a inspiré la note dans laquelle je me demandais s'il était nécessaire et utile de tout vous dire...

 

Au moment où je le commence, je ne sais pas encore ce que je vais dire ou pas. Mais je crois que ce pan de récit a son importance, alors le voilà ... Mal rédigé sûrement, elliptique à coup sûr. Mais bon, au moins vous aurez toute l'histoire...

 

Un petit vendredi matin (je devais bosser en plus alors que normalement je ne travaille pas), je me lève et je me rends dans la petite pièce où nous, les nanas, surtout enceintes, passons pas mal de temps ... (Non, pas la salle de bains, à coté.)

 

Et je découvre dans mon shorty une tache rose...

 

Est-ce-que j'ai abusé des betteraves ou de la grenadine ? Non.

Est-ce une lésion cutanée ? Non.

Ai-je fait un mouvement ou un examen qui aurait pu solliciter le col ? Non plus.

 

Rhaaaaaa merdeuuuuh !

 

Ayant rendez-vous avec la sage-femme l'après-midi, je téléhone pour savoir si je dois venir en urgence ou patienter. En l'absence de douleurs, de pertes plus importantes et puisqu'Azuki bouge comme à son habitude, elle me dit que je peux patienter si rien ne change, mais que si j'ai un tout petit peu plus mal, ou plus de sang, je fonce.

 

Ma matinée se passe, toujours pareil.

 

Me voilà à la consultation... Evidemment, je suis à peu près terrorisée, parce que je me doute très fortement que cette fois, je ne vais pas échapper à l'examen. Je comprends la démarche dans ce genre de cas, donc je suis plus facilement prête à l'accepter, mais ce n'est pas de gaieté de coeur. La sage-femme, qui me connaît bien, a bien pigé le truc... Et elle est déterminée à faire son maximum pour que ça se passe bien sur le plan médical et sur le plan humain (aujourd'hui, d'ailleurs, pas d'étudiante, alors qu'elle en a TOUJOURS une ... Tiens, tiens ! :P )

 

En mon for intérieur, je peste. Je me dis qu'elle veut éviter de passer à coté d'un truc grave, mais moi, je suis sûre que ce n'est que le col qui travaille un peu ! J'ai de gros doutes sur l'utilité d'essayer d'en savoir plus, je suis certaine que c'est normal. Mais comme je nesuis pas médecin, que ça peut être risqué pour Azuki et moi,je prends sur moi. Elle m'explique que, pour faire son diagnotic, la façon la plus précise et efficace, c'est de faire un petit prélèvement... Et que le résultat du prélévement peut être lu  en direct. Comme une rupture de la poche serait vraiment un souci à ce stade, j'accepte le prélèvement. Pour parfaire le dignostic, un TV serait idéal, parce qu'il lui permettrait de sentir le col. Ceci dit, suivant le résultat du prélévement, il y a 90% de chances que je doive faire une écho, alors, il est possible de s'en passer si besoin !

 

(ATTENTION : détaillé ! Sautez les paragraphes en italique si ça vous dérange !)

 

Le prélèvement, par contre, est la première étape. Il doit se faire suffisamment à l'intérieur du vagin pour ne pas être contaminé par les peties bactéries et autres petites sécrétions qui peuvent se trouver sur une serviette, par exemple. Ce qui impose l'emploi d'un spéculum... Heureusement, il existe des spéculums jetables, bien moins impressionnants que les spéculums métalliques, moins désagréables car en plastique (moins froids, moins lourds, la paroi est plus fine et ça fait moins mal quand on l'ouvre) , et transparents, ce qui permet de voir le col (si j'ai bien pigé). L'emploi de ce type de spéculum, de la taille adaptée (si vous devez subir cet examen et que le soignant n'a pas la bonne taille, vous pouvez peut-être le différer jusqu'à l'arrivée de la commande... Moi, je l'ai fait, une fois,de différer, et ça a été une  bonne chose puisque l'examen s'est passée correctement, aussi bien pour moi que pour la gynéco, qui était drôlement soulagée de ne pas m'avoir récupérée en larmes !) , plus l'utilisation d'un lubrifiant (si, si, il en existe qui sont adaptés, ne vous laissez pas endormir !) me semble la méthode la plus appropriée pour une patiente dans mon cas (même si je ne suis pas gynéco, et que j'en ai lu qui pensaient que le spéculum en métal était moins douloureux. Je leur laisse le bénéfice du doute, je n'en sais rien ... Mais s'ils / elles se posent la question, c'est déjà bien !)

 

Elle me propose un examen clinique externe, pour commencer. Pour pouvoir juger de la provenance et de l'aspect (désolée pour les détails, mais ils seront importants plus tard !) des pertes. Elle prendra soin de couvrir mes jambes d'un linge, et de ne pas du tout me toucher, au moins pour cette partie de l'examen... Je suis génée, mais ça va, c'est supportable.

 

Là où le bât blesse, c'est que la cause n'est pas du tout évidente  de prime abord.

 

J'accepte donc le prélèvement... Elle effectue la pose du spéculum le plus doucement possible, et seulement après que je lui ai dit "ok, je suis prête". La sensation physique est tolérable, mais je suis quand même très très peu à mon aise. Elle s'interrompt, me regarde.  "Vous pourriez pas essayer de vous détendre et de me faire un peu plus de place ?" "Euh, non." "Bon, tant pis. Sinon, ça va  ?" "Non, alors faites vite". Dix secondes plus tard, le prélèvement est terminé.

 

Elle me dit "bon, on va faire le test qui nous permettra de savoir si c'est du liquide amniotique. Pour le col, j'ai rien pu voir, mais c'est  pas grave, on va vous faire une petite écho plutôt ! "

 

Finalement, ce n'était pas du liquide amniotique. Deux heures plus tard, après un monito et une écho de contrôle (et un grand moment de solitude et de stress quand j'ai dû appeler mon chéri pour lui dire où j'étais et pourquoi...) , je ressors avec une indication pour revenir le lendemain ... 

 

Globalement, les sage-femmes du service où j'ai été reçues ont été très sympa. Ceci dit, elles avaient été briefées par la sage-femme "des consultations", et mes phobies sont indiquées au marqueur rouge sur la première page intérieure de mon dossier, alors... Elles savaient que la sage-femme "des consultations" avaient fait tout ce qu'elle avait pu, et que j'étais juste là pour l'écho et le monito.

 

Il a un peu fallu que je bataille pour ne pas être interrogée en présence de mon chéri, quand même ! Comme au moment où la sage-femme me demande si je suis constipée, si j'ai des hémorroïdes... Je décide de ne pas répondre. Je dis en souriant " Mon amour, tu peux sortir STP ?" Ils rigolent, moi aussi d'ailleurs, le ton était volontairement léger. N'empèche que, quand je ne réponds toujours pas et qu'elle a cessé de rire, j'ajoute "Non, mais je plaisante pas ! " Elle est un peu surprise, mais je crois qu'elle a pigé le message !

 

Le lendemain, rebelote... Une équipe de sage-femmes différentes, mais toujours en possession de mon dossier., donc prévenues que l'examen n'est pas possible. Il faut que je répète toute l'histoire depuis le début, ça me gonfle, surtout que je dois encore faire sortir mon chéri pendant l'interrogatoire... Et que la "sage-femme chef ", celle qui coordonne, ne pense pas à poser toutes les questions avant son retour... Mais à force de mimiques et d'aller-retours de mon amoureux dans le couloir, on finit par y arriver !

 

Evidemment, la "sage-femme-chef" souhaite faire un pélévement. Je lui dis que ça a déjà été fait, que rien n'a changé depuis, que je ne souhaite pas recommencer. Après trois minutes de négociations, elle sort de la salle avec un air de conspiration, m'ayant laissé deux sortes d'écouvillons et le mode d'emploi. Comme il y a des toilettes dans la salle d'examen, l'auto-prélèvement est tout à fait gérable. Je crois qu'elle n'avait pas trop le droit de faire ça, mais finalement, tout le monde a trouvé son compte.

 

(ATTENTION : détaillé ! Sautez les paragraphes en italique si ça vous dérange !)


Pour un auto-prélévement, la procédure est peu ou prou la même que pour mettre un tampon. Il est plus facile pour vous-même d'écarter un peu vos lèvres et de glisser l'écouvillon un peu dans le vagin que pour une autre personne, ce qui permet de se passer du spéculum !)

 

Finalement, il n'y a rien de plus ... La poche des eaux est bien pleine, Azuki bouge, il/elle a un super rythme cardiaque, je n'ai pas de contractions. Une semaine plus tard, les symptômes vont empirer très légèrement, ce qui me vaudra un troisième séjour aux urgences maternité, juste pour un monito et une écho cette fois. Mais tout est reparti comme c'était venu...

 

Moralité, j'ai tenu le coup plus que ce que je ne pensais, mais je n'ai pas été obligée d'aller aussi loin que je ne le craignais ! Du coup, ça m'a permis de dédramatiser un peu, et ça, c'est bien (la preuve, j'ai pu vous raconter !) , et je ne me suis pas sentie mal après coup. Bon, je râle un peu d'avoir eu raison dès le début !

 

Même si cette expérience n'était pas plaisante, elle me prouve que, quand il faut, je sais prendre la bonne décision, et rester suffisamment lucide pour trouver la force de négocier jusqu'à obtenir un compromis satisfaisant. Et surtout qu'ensuite, une fois que je sais qu'on me respecte, et qu'on n'essaie pas de m'emberlificoter, je peux lâcher prise quelques instants.

 

Je reste en revanche un petit peu mitigée dans mon ressenti par rapport à l'hôpital. Les sage-femmes ont été super, mais elles ont quand même été sept ou huit en tout  à venir me voir (heureusement, je n'ai jamais été dévêtue) , la faute à pas le temps, au manque de personnel... J'ai du répéter mes symptômes un nombre incalculable de fois, et user de mes gros yeux pour éviter de dire / de laisser dire certaines choses devant mon chéri. Ca confirme ce que je pensais un peu, à savoir que les petites maladresses et les petites maltraitances accidentelles existent parce que les soignants eux-mêmes, souvent, sont maltraités par l'institution...

 

Et ça nous conforte ( "nous", parce que deux-trois infos ont quand même atteint les tympans de mon chéri, et qu'il comprend, même s'il ne partage pas mon avis, que je puisse trouver ça incongru) dans l'idée que, le jour J, on aura tout intérêt à aller dans une maternité plus petite, plus calme, avec notre sage-femme, qui ne sera là que pour nous.

 

A suivre !

Rédigé par Apostille

Publié dans #See you Soon !

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