Spoliée(s)

Publié le 24 Mai 2013

Cette histoire, il faut qu'elle sorte...

 

Comme vous l'avez constaté, j'ai été assez absente ces derniers temps.

 

En effet, ma fille s'est mise à se réveiller beaucoup plus, aux siestes et la nuit, et souvent en pleurs, elle qui pleure si peu... D'abord, le soir où j'ai joué les filles de l'air, puis un peu plus, un peu plus... Et à chaque fois, elle avait un peu plus de mal à se rendormir. D'abord, elle a vécu deux crises de constipation balèze. Dont une qui s'est finie à l'hôpital : du sang dans les selles, les oreilles et la gorge, un samedi bien sûr. Verdict : constipatrion + griffure + petite angine. Rien de méchant, mais les trois à la fois, c'était flippant !!! Au passage, je soulève avec le pédiatre le fait qu'elle n'a pas pris de poids depuis quatre semaines. Je le revois encore, ce con, lui pincer la cuisse gentiment ... "Ne vous inquiétez pas, elle a des réserves, elle va bien ! "

 

Et puis, elle a été vaccinée. Là encore, je pose la question du poids, "pas de souci", qu'on me répond... Nous nous attendions à trois jours et nuits difficiles, comme les fois précédentes. Mais au bout d'une semaine, elle avait toujours autant de mal à s'endormir et rester endormie... Assez vite, nous avons constaté le problème : elle machonnait, ravalait... Saloperie de reflux. Alors, on a pris des mesures adaptées : on la tenait bien à la verticale après les repas, je lui en donnais un ou deux de plus pour fragmenter... Mais hélas, sans trop de résultat.

 

Jusqu'au jour ou rien n'a plus pu la calmer, ni mon sein, ni nos bras, ni sa chanson fétiche. Pendant plus d'une heure...

 

Retour à l'hôpital.

 

Je ne sais comment décrire la tempête qui s'est abattue sur nous.

 

"Bonsoir, on vient parce que rien ne calme notre bébé, on pense que son RGO l'empèche de dormir..."

 

(Petite précision, quand elle ne va pas bien, être promenée dans nos bras et pas dans le noir l'apaise, et elle arrète de pleurer, trop occupée par la découverte. C'est une gamine géniale, mais allez leur faire comprendre qu'elle est comme ça, que ce n'est pas parce qu'elle ne pleure plus qu'elle va bien !!!)

 

- Oui, oui... (Traduction : mais oui, c'est ça, et moi je suis Pasteur.) Par contre, elle n'a pas pris de poids depuis 6 semaines ?"

- Ben oui, mais on nous a dit ici même que c'était rien !"

-Vous êtes fous ? On peut pas vous laisser repartir là ! "

-Mais euh, vous pouvez la soulager ?"

- Ah Madame, là on est occupées, on vous cherche un lit en observation !!!"

 

3 heures plus tard, mon enfant s'endormait enfin pour dix minutes, après une heure de pleurs.

Avant de se réveiller en hurlant de douleur...

 

Il a fallu une demi heure avant que quelqu'un daigne m'aider. (Un Doliprane, super !)

Une demi heure de plus pour que quelqu'un (la même) aille enfin chercher un médecin pour prescrire de quoi la soulager pour du bon.

 

Pendant ce temps, mon mari, père merveilleux s'il en est, se débrouille pour être arrété et passer tout le temps possible avec nous...

 

Le lendemain, on reçoit la visite de la pédiatre. La première.

 

"Ha ben oui, bébé RGO... Bon, ben on vous garde,on va mesurer ce qu'elle prend et on va voir si elle grossit !"

 

Elle a pris 100-120 ml par tétée. C'est bien, me dit la pédiatre.

Mais non, elle ne grossit pas.

 

La seconde nuit, elle a encore pleuré une heure, avant que la connasse au Doliprane ne daigne me refiler le médicament. Non sans me faire remarquer que ma fille ne voulait juste pas dormir, que je me faisais des idées, que j'avais juste hérité d'un bébé casse-pieds.

 

Au passage, voici le dialiogue qui eut lieu :

 

- Madame, je ne peux pas vous donner le M**, c'est seulement avant les tétées

- Pas de souci, donnez-le lui, et je lui donne la tétée !

- Mais elle a mangé il y a deux heures ...

- C'est pas grave, elle mangera plus tard dans la nuit.

- Non, elle a cinq mois, elle doit pas manger toutes les deux heures.

- Ok, donc je la laisse souffir jusqu'à ce que vous décidiez qu'il est l'heure ? Alors qu'elle demande le sein pour se calmer et se rendormir ?

- Ecoutez Madame, une tétée ça doit être nutritif, ou un câlin à la limite. Ca doit pas être antalgique.

- Ben prenez ça comme un câlin, avec du lait ...!!!

 

J'ai eu le médicament, et devinez qui s'est endormie comme un loir ...? (Malgré le bordel incroyable qui règne dans un hôpital la nuit ...) . Par contre, quand elle a osé réclamer à manger (forcément, elle a juste tétouillé pour s'apaiser) à 3h30 du matin, qui a jugé bon de lui foutre la lumière en pleine tronche, et qui a eu un mal fou à la recoucher ?

 

Le troisième jour, le pédiatre (le deuxième) me dit qu'il faut épaissir toute l'alimentation, et introduire des solides. Au passage, je demande à sortir, arguant que s'il suffit de la peser, je peux louer un pèse-bébé. En effet, nous dormons très très mal, mon chéri ne peut pas rester avec nous pour me remonter le moral, et je crains que ça n'aide pas ma puce. Sans parler de ma production de lait.

 

Tempête, 2e.

 

- Madame, on ne vous fera pas sortir parce que vous ne dormez pas bien !

- Moi, on s'en fout, mais elle ne dort pas bien, et si je ne me repose pas, je ne pourrai plus l'allaiter !

- Pfff... Et bien rentrez chez vous, on s'occupera d'elle.

- Mais je peux pas, je l'allaite ! Même si je tire mon lait, je dois rester avec elle !

- Vous avez surtout besoin de passer du temps sans elle, vous n'allez pas bien !"

- Je vais pas bien PARCE QUE JE SUIS CREVEE ET QUE PERSONNE NE ME PREND AU SERIEUX !!!!

- Mais si, mais si... On va vous donner un biberon de complément, épaissi. Donnez-lui le sein, et le bib après.

 

Vous le voyez arriver, hein, le dénouement. Moi aussi, et je n'ai pas pu lutter.

 

Chaque biberon de plus, chaque tétée de moins... Même en tirant mon lait, je ne fournissais pas assez. Forcément, avec un bébé qui s'était habitué à 6x120, je n'avais pas les 5x180 demandés. Impossible de la mettre au sein plus souvent, j'étais morte de fatigue (essayer de dormir dans un service où il y a toujours un bébé qui pleure, même s'il n'y est pour rien, ça aide pas vraiment à se requinquer, surtout quand on réveille sa gamine au moindre mouvement car elle n'est pas en forme), et évidemment, même si ça paraît le seul bon truc à faire quand on sait comment ça marche, un allaitement, ça m'a été formellement déconseillé...

 

- Madame,de toute façon, il faut arrêter de l'allaiter, ne plus lui donner que du lait épaissi et de la purée.

- Mais ... (Là, je pleure toutes les larmes de mon corps.)

- Et quand elle voudra une tétée réconfort, je vais faire comment ?

- Comme tout le monde, vous allez lui donner une sucette !

- Noooooooooooon ! Je me suis pas investie dans son maternage pour que ça se finisse comme ça !

- Ca Madame, c'est pas notre problème !

 

Le reflux s'est tassé, tout seul ou grâce à l'alimentation, on ne le saura jamais.

Ce jour là, je savais que l'allaitement était foutu.

 

J'ai quand même acheté un second kit pour le Medela, et tiré mon lait pendant une semaine... Même avec des amandes, de la tisane, du repos, chaque jour qui passait, j'avais un peu moins de lait.

 

Et puis nous sommes partis en vacances. Acte manqué ? Je n'ai pas pris de pièce de rechange pour le tire-lait. Et je n'ai quasiment rien pu tirer. Et le dernier biberon de LM a fini par ne plus exister qu'un jour sur deux, sur trois...

 

J'ai digéré.

 

Ma fille allait à peu près bien, juste un souci de mal au ventre à régler. Mon mari était tout content de pouvoir la nourrir, nos proches aussi. Moi, j'avais mal au coeur de constater que mes seins n'étaient pas d'accord, bordel, que j'avais encore du lait. Peu, mais là...

 

J'ai fait contre mauvaise fortune bon coeur, maudissant cette stupide nuit. Je n'étais pas au bout de ma peine.

Rédigé par Apostille

Publié dans #Welcome to the real life !

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