"Avant j'avais des principes... "
Publié le 10 Janvier 2013
A parler franchement, j'ai une dent contre cette phrase. Je ne nie pas qu'elle recèle un truc quasi universel, à savoir que l'on s'adapte à l'enfant qu'on a (ou aux enfants, chacun étant un modèle unique !) .
Cependant, presque à chaque fois que je l'ai entendue, elle servait à un parent à se justifier d'un choix qu'il avait fait "pour se faciliter la vie". Alors qu'il n'a rien à justifier ... La vie peut vite devenir compliquée avec un petit bout, et chacun fait bien comme il veut avec ses petits, que les instances supérieures me gardent de tout jugement ! En ce moment même, je porte ma petite en écharpe, ça lui permet de dormir pendant que j'écris, ça soulage mes bras et ses douleurs de ventre. Donc, c'est une solution de facilité, mais je ne crois pas que ça soit une mauvaise solution pour autant !
Il y a encore cinq ou six ans, j'aurais dit que c'était un truc de parent dépassé, de renoncer à ses principes. Je n'aurais jamais pensé allaiter, j'étais une partisane (mais je ne pensais pas avoir d'enfant avant un bail, donc c'était un peu "dans le vide" ) de la poussette, du bib, du bébé qui dort seul dans sa chambre dès le retour de la mater, de la péridurale...
Je me souviens d'avoir eu à cette époque l'occasion d'écouter souvent Edwige Antier, et de l'avir souvent trouvée nulle, peu respectueuse des mères (ou plutôt justement de leurs "autres vies", de femme, de personne, d'épouse, d'amie... ), à coté de la plaque.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai changé... Petit à petit, j'ai trouvé que l'idée d'allaiter n'était pas mauvaise. J'avais toujours trouvé ça un peu dégueu, mais je me suis rendue compte que c'était tout naturel... Loin de moi l'idée de culpabiliser celles qui ne souhaitent pas allaiter, et de remettre en doute leurs raisons, quelles qu'elles soient, même si mon ressenti est différent.
Puis, avant que je ne sois enceinte, mon chéri et moi avons abordé la chambre partagée. J'étais contre, lui non... Finalement, la configuration de notre appart fait que c'est quand même bien plus simple, et je ne me serai pas sentie de laisser ma fille seule dans sa chambre (normalement grande, mais à son échelle, c'est immense !) au retour de la mater... Je n'ai à aucun moment renoncé à un principe, j'ai soigneusement évité de faire un principe de quelque chose que j'ignorais. Je crois que c'est plus simple, plus efficace et moins crispant pour tout le monde.
Parce que pour moi, un principe, c'est un principe... Je préfère en avoir très peu (ne pas taper, ne pas forcer l'enfant à manger, ne pas revenir sur un "non" , ne pas contredire son père devant l'enfant, je crois que c'est tout) , et plutôt avoir un objectif éducatif, plutôt que de renoncer point par point, et de ne plus savoir où commence ce qui a vraiment de l'importance pour nous et ce qui n'en a pas... On verra ce que ça donne !