De retour plus vite que prévu !
Publié le 15 Décembre 2012
( Et c'est pas facile... )
J'ai toujours eu de la chance. Je suis née dans une famille soudée, aimante, à l'abri du besoin. Je n'étais pas la plus belle et la plus sportive des gamines, mais j'avais un truc qui me permettait de bien m'en sortir dans ce qui occupe les 3/4 de la vie d'un enfant : un cerveau pas trop ramollo, et apte à fournir ce qu'attend l'Education Nationale. Et apte à fournir, aujourd'hui encore, de quoi avoir une vie professionnelle enrichissante et où je peux "m'exprimer".
Le revers de cet état de fait, c'est l'impression quasi-perpétuelle de ne pas mériter ce que j'ai. A part en amour, parce qu'avoir une relation équilibrée et harmonieuse (pour peu que ce soit ce que l'on souhaite... Je connais des gens qui ont des liaisons passionnelles qui les font parfois affreusement souffrir, mais qui ne se sentent bien que dans ce genre de relations) ne dépend en rien d'un cheminement intellectuel. Enfin, peut-être que si, un peu, mais c'est loin de tout faire. Mais je crois que c'est un lieu commun, et surtout, je digresse.
Bref, bref, tout ceci n'est sûrement pas étranger à ma difficulté à accepter de me poser et de me reposer, de faire des trucs non constructifs, de "perdre mon temps". Il n'y a qu'à voir mes loisirs : je fabrique des choses, des repas, des biscuits, des articles, des vêtements et des accessoires, des articles pour ce blog...J'adore les jeux vidéos mais je joue assez peu, parce que je culpabilise. Et que je me retrouve malgré moi à faire ce qui est utile pour avancer mon personnage "comme il faut", au lieu de jouer comme j'en ai envie, pour me défouler...
Aujourd'hui, ma fille a huit jours.
C'est un minucule ange brun, avec des yeux gris. Elle passe le plus clair de son temps à téter et à dormir comme un loir, hormis deux périodes de la journée où elle ne se rendort pas immédiatement après la tétée, et où elle regarde le monde qui l'entoure.
Il se trouve qu'un joyeux hasard de calendrier va permettre à son père de rester avec nous jusqu'au 28 décembre, soit, depuis la naissance, trois longues semaines. C'est une chance incroyable, parce que nous la découvrons ensemble. Chaque change, chaque première fois : la première heure "d'éveil", le premier bain à la maison, la première balade en Manduca, bientôt la première mise en écharpe (pour le moment, j'ai un peu la trouille ^^)
Du coup, nos journées sont assez "faciles". Je donne le sein, il effectue les trois quarts des changes, et on berce ou couche la petite aléatoirement, suivant qui l'a dans les bras quand elle commence à s'endormir, la motivation, sa fatigue...
Objectivement, je pourrais aussi bien avoir recommencé à bloguer le lendemain de ma sorte de la maternité, tellement cette petite merveille me/nous laisse de temps libre. Nous avons de la chance et nous en sommes ultra-conscients. Ultra-conscients aussi que ça peut très bien ne pas durer !!!
Du coup, je n'arrive à rien faire... Parce que je culpabilise.
Elle était tellement souhaitée, nous l'aimons déjà tellement, ça me fait bizarre d'avoir, l'espace d'un instant, la même vie qu'avant... Même si nous faisons les aller-retours tous les quart d'heure, ou pas loin, pour aller voir si elle va bien quand elle n'est pas dans la même pièce que nous (nous préférons ne pas utiliser de babyphone dans notre appart, ce n'est pas Versailles !).
Je dois dire que je m'attendais à tout, sauf à ça ! (Et encore une fois, je sais qu'il faut profiter, que ça ne durera pas indéfiniment !).
Comme quoi, on s'en pose des questions, même avec ce qui ressemble de près au bébé idéal ...