Je teste pour vous... Le parentage proximal !
Publié le 12 Janvier 2013
Bah oui, maternage, ça met de coté la moitié des personnes impliquées, donc je ne l'utiliserai pas, comme l'affreux "tomber enceinte". Non mais !
Avant la naissance de ma fille, et suite à tous les changements de point de vue que j'avais déjà opérés (cf ma note d'hier) , je pensais être une maman maternante. Je me suis donc procuré une écharpe (mon chéri est plus à l'aise en Manduca), j'ai pris un cours de portage, nous avons décidé de mettre notre lit dans la chambre de la Miss (l'inverse étant tout bonnement impossible du point de vue de l'espace) , nous avons pris ensemble - sur mon impulsion, car c'est mon corps- la décision de tenter un allaitement au lait maternel exclusivement pendant six mois (ce qui n'exclut pas de donner des bibs de mon lait, nous attendons d'ailleurs ça avec impatience- ah, dormir plus de deux heures trente d'affilée ! ), récupéré des couches lavables (même si sur ce point précis, c'est plus une question d'écologie et de budget que d'éducation, il me semble) ...
J'étais persuadée que "l'attachement parenting", c'était ce qu'il y avait de mieux pour ma fille.
Franchement, je pense que cela demande moins de persévérance et de détermination que la façon de faire diamétralement oposée, à base de transat, poussette, bib et "laisse-la pleurer !" .
Je pensais que je n'aurais aucun souci à respecter des consignes (laisser pleurer, imposer un rythme...) que je n'avais pas, puisque la seule règle de l'attachement parenting, il me semble, c'est de répondre aux demandes de son bébé.
Je ne dis pas que c'est facile pour autant, et c'est sûrement même moins confortable à long terme, quand on continue de porter ou d'allaiter un bambin parce qu'il en exprime le besoin, plutôt que de le "sevrer" de force pour retrouver sa vie d'avant. Mais je pense qu'on s'autorise à être plus instinctif, plus à l'écoute, et que c'est du coup plus simple à vivre, parce qu'on est moins dans le contrôle. Et vouloir contrôler le sommeil, la faim et les pleurs d'un petit d'un mois, c'est juste pas possible...
Et patatras...
Lors des premières crises de coliques de ma fille, j'ai passé des heures à essayer de la calmer dans son lit ou son cocoon, sans la prendre aux bras. Quitte à être quasi couchée dans le lit et à avoir mal au dos... J'étais tout bonnement incapable d'accepter l'idée que non, je n'allais pas en faire une enfant capricieuse. Je le disais, je l'entendais, je pensais en avoir des "preuves", mais je ne le ressentais pas... J'avais trop peur de mal faire. De faire de mon enfant, si cool et qui a l'air bien partie pour être indépendante, un pot de colle qui n'aurait aucune confiance en elle.
Et puis un soir, mon chéri m'a dit qu'il ne voyait pas la différence entre ce que je faisais et "laisser pleurer". Et il l'a prise aux bras... Je l'ai d'autant plus mal pris que justement, ça faisait une heure que je tentais de la calmer, et que je me disais que j'en souffrais, mais que ça allait finir par payer... Ceci dit, ça a eu le mérite de me faire réfléchir entre le décalage entre ce que je voulais faire (être là pour elle) et ce que je faisais (me torturer en me reprochant tout à tour de ne pas la consoler comme elle en avait besoin, et/ou de ne pas assumer ma façon d'essayer de la rendre indépendante.)
Mon chéri me disait "suis ton instinct", je répondais 'Insntinct maternel, mon cul !" . Je crois que je ne voulais surtout pas l'entendre, car l'instinct n'est pas une chose rationnalisable...
Et puis après avoir longuement parlé avec mon chéri, j'ai appris à prendre ma fille dans mes bras pour la consoler, et je me suis rendue compte qu'elle allait mieux, et moi avec. Je me sentais mieux de la voir apaisée, et de ne plus me culpabiliser. Il y a trois ou quatre soirs, une crise pire que les autres m'a poussée à la mettre en écharpe. Et pour la première fois depuis le début des coliques, je me suis sentie vraiment à l'aise. Je ne l'avais pas aux bras, je pouvais donc faire autre chose, je n'étais plus complètement centrée sur elle, tout en étant là pour elle. J'ai même demandé à D. de faire une photo, tellement j'étais bien...
Aujourd'hui, je lutte encore entre mon envie d'aider A. à trouver un rythme relativement régulier, en la baladant tous les jours à la même heure, ou sortir quand j'en ai envie, dans la limite de ce qui me paraît gérable et acceptable pour elle (évidemment, je ne vais pas sortir à midi si je n'y suis pas contrainte et qu'elle dort depuis dix minutes après quatre heures de pleurs...)
Finalement, je m'en rends compte en l'écrivant, c'est toute la différence entre faire d'elle le centre de ma vie ou lui permettre d'être avec moi/nous au centre de cette même vie...
Paradoxalement, je crois que les gens qui font de leur bébé le centre de leur vie afin de lui donner très tôt un rythme très clair font le choix de devoir s'adapter plus durement, mais moins longtemps. Je crois par exemple que c'est plus rapide de faire dormir seul un bébé en le laissant pleurer, mais ô combien plus dur... (Je parle pour le parent, je ne me hasarderai pas sur le terrain du bébé. J'ai une opinion, mais on verra à l'usage ! (Grosse bise à toi, Z.) ) Je crois que ces parents font ce choix pour eux en grande partie, car on ne peut jamais savoir ce qui est bon pour un enfant à long terme, ça serait trop simple... Et je ne vois pas en quoi on pourrait le leur reprocher !
Mais est-ce notre conception de l'éducation de notre fille, de la rendre docile, conciliante, facile à vivre ? Ou souhaitons nous qu'elle soit franche, honnète, exploratrice, quitte à ce qu'elle s'oppose à nos souhaits ?
Ma réponse est évidente (bien sûr, l'opinion de son père compte tout autant, mais il n'est pas là pour en témoigner "bloguesquement") mais de là à arriver à la mettre en pratique... A accepter de la laisser choisir à quel moment elle apprendra ceci ou cela*, cette petite personne qui a déjà décidé de ne pas venir au monde quand et comment on le souhaitait... (*toute référence à la méthode Montessori n'est probablement pas fortuite...)
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Pour conclure, je souhaitais juste faire un parallèle, et une citation.
Mon chéri est un être plein de défauts (moi aussi, mais là encore, il ne prend pas la parole, alors je dis ce que je veux ! :P) . Pour autant, je ne cherche pas à le changer. Quand un comportement me blesse vraiment, je lui explique pourquoi, et en retour, il m'apprend à passer outre, ou, s'il peut, il essaie de faire gaffe. Pour autant, je n'ai jamais cherché à lui faire adopter ma façon de faire... Et c'est pour ça que je l'aime aussi. Entre autres pour son coté cigale, qui m'agace autant qu'il me permet de m'améliorer, moi qui ai souvent peur du lendemain... Et pour autant, je ne me dis pas qu'il va dilapider tout notre compte commun. Pourquoi en serait-il différemment avec ma fille ?
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La citation est issue de Dr House, série hautement plilosophique bien sûr... N'empèche, je trouve que ça sonne très juste ! Je n'en fais pas une sainte parole, bien sûr, on pourrait même débattre de ça pendant des heures ! Et je ne dis pas que les parents non maternants sont de mauvais parents. Mais je ne vais pas amender la réplique, sinon ça n'a plus de sens.
(A la mère (naine) d'une patiente, qui ne veut pas encourager sa fille à prendre des hormones de croissance.)
House : Vous êtes une mauvaise mère. Vous voulez que votre fille soit un monstre.
La mère : On est pas des monstres.
House : Vous voulez qu'elle triomphe de l'adversité ?
La mère : Oui !
House : Alors, ne vous arrêtez pas à la taille. Allez-y, crevez-lui un oeil ! Naine et borgne, ça devient intéressant.
J'espère que cette note ne heurtera personne, même si je souhaite qu'elle suscite le débat. Mais j'y ai déjà passé beaucoup de temps, et à force de précautions, elle a tendance à devenir illisible...