Premier rendez-vous chez une sage-femme ! - Suite

Publié le 25 Septembre 2011

Jeudi 18 août 2011

Premier rendez-vous chez une sage-femme ! - Suite


Bon, reprenons.

 

(Attention compte rendu de ma visite, intilme et assez détaillé. Si vous ne voulez pas savoir, vous n'êtes pas obligé(e)s de lire !)

 

Tout d'abord, elle m'a posé cent mille questions que, de mémoire, aucun gynéco ne m'avait posées, et pourtant pas indiscrètes (antécédents familieux, mais détaillés, opérations, allergies, statut de fumeuse ou pas...) Elle a fait l'historique de toute ma contraception, m'a demandé si j'étais satisfaite de celle que j'utilise, m'a demandé si j'avais pris ma décision pour après l'implant et si j'avais besoin d'une ordonnance pour la pilule.

 

Elle m'a pas demandé si j'avais un régime alimentaire particulier, mais je la pardonne (et j'ai rien dit parce que pour le moment ça sert à rien.)

 

On a abordé le pourquoi du comment, elle m'a demandé à combien de temps remontaient mes derniers examens, a grimacé, m'a expliqué pourquoi il allait falloir en refaire. J'ai rechigné, alors elle a ré-expliqué longuement, avec plein de gestes et une vraie volonté de bien faire et de pas me braquer, à quoi ça servait et pourquoi c'était important. Elle m'a demandé si j'avais été vaccinée contre le(s) papillomavirus, si j'avais déjà eu des ennuis avec eux et comme la réponse était oui, elle a dit un truc comme "Bon, je crois qu'il faudrait quand même faire un frottis (Moue compatissante)... Je sais que c'est désagréable, mais le faudra le faire un jour ... En plus, sans ça, elle sert à rien cette consultation (j'étais pas tout à fait de cet avis, moi, ça m'avait déjà aidée de savoir que ce cabinet était dans l'état d'esprit de ce que je cherchais). Je l'ai sentie génée à cette idée. Ca m'a paru presque incongru qu'elle se fasse tant de souci pour 17 euros, quand on sait que la plupart des gynécos prennent presque le double, et certains médecins 20€ juste pour une ordonnance. Et comme je savais qu'il allait falloir que j'y passe (le cancer du col de l'utérus ça se guérit bien, mais faut s'y prendre tôt ... C'est trop con comme façon de mourrir quand même), j'ai acquiescé. Elle m'a promis de faire doucement, et qu'on arrèterai, avec ou sans "résultat", si je voulais.

 

Un court résumé :

 

Le négatif :

 

J'ai été déçue, table et positions sont comme chez le gynéco, et le matos (le même là aussi) n'est pas prévu pour les nullipares et / ou les très jeunes filles : / . La prochaine fois, je me mets en jupe et je demande à la prise de RV s'ils ont le bon matos. J'm'en tape, ils ont qu'à le commander, ça se périme pas !

 

Le ou la première qui me dit que ça fait pas mal, je lui met ma main sur le nez. Même si je sais que ça ferait moins mal si j'étais moins crispée,et que, donc, j'en veux pas à Marie.

 

J'aime toujours pas l'idée de cet examen, je le trouve dégradant. Oui, je sais, c'est dur de faire autrement, c'est utile, tout ça tout ça. N'empèche que je pense qu'on impose plus volontiers ce genre de traitements aux femmes, un vieux reste de domination masculine de la médecine. Rien à voir avec une question d'anatomie ... Ou plutôt si. Comme s'il fallait maltraiter et soumettre cet endroit étrange où s'accomplit un des plus incroyables miracles qui soient, le domtper. Un jour, avec les progrès de la médecine, on fera sans, j'en suis sûre !

 

Le positif :

 

Elle m'a examinée en deux fois, j'avais donc remis le bas quand elle a examiné le haut, ça a l'air con mais j'ai apprécié de ne pas rester dévétue plus qu'il ne le faut,

 

Elle a tenu parole, stoppant tout quand je l'ai demandé, s'excusant par avance quand elle savait que ça allait être désagréable, et même m'expliquant pourquoi ça fait malheureusment toujours un peu mal,

 

Elle m'a très bien expliqué le processus AVANT de faire quoi que ce soit, et a attendu mon feu vert pour faire quoi que ce soit,

 

Je suis liiiiibre pour trois ans, du moins de ce coté là. Pour le reste des examens "de routine", je me pose encore des questions quant à leur utilité et leur fréquence. Comme je suis maniaque et que j'aime les rythmes réguliers, je vote pour un RV tous les 18 mois, avec frottis une fois sur deux. On verra bien ce que ça donne.

 

Bilan :

 

Ca a été moins pire que je ne l'appréhendais, moins bien que j'aurais voulu (je ne voulais pas faire d'examen... Je suis partagée entre la déception de pas avoir réussi à dire non, et le soulagement de voir que j'ai été "raisonnable", que j'ai tenu le coup lors des exams, que j'ai même pas eu vraiment mal et éclaté en sanglots, comme ça m'est déjà arrivé.)

 

Je suis contente d'avoir trouvé le bon endroit, moins contente de savoir que la prochaine fois, j'aurai affaire à une autre personne.

 

J'ai appris en discutant avec Marie que le gynéco qui m'enlèvera mon implant est un ami du cabinet, qu'ils travaillent beaucoup ensemble et qu'il n'a pas de problème avec le fait qu'une patiente ne fasse pas son suivi chez lui si tout va bien. Ca ça me rassure.

 

J'ai aussi appris que j'aurais, en cas de grossesse, un jour, deux sages-femmes, et j'aime pas cette idée.

 

Au passage, Marie, qui a fait son stage de SF au Canada, et moi qui en rêve, on a abordé les maisons de naissance... Rhhaaaa quel pays rétrograde !

 

Bref, je suis parée pour 18 mois sauf si gros pépin, parce que le retrait de l'implant, ça me fait pas peur. Et là, hors de question de refaire un examen !

 

Mais toujours partagée entre la fierté d'avoir tenu le coup et la honte de me laisser traiter comme ça. (Et le partager, encore plus. Mais faut que ça sorte, ou je vais finir par ruminer une semaine entière, je vais avoir le moral en berne et ça ternira encore mon souvenir (et ma libido), alors que bon, c'était supportable. Soignons le mal par le mal ...) Ce qui est étrange car on y passe toutes! Je devrais peut-être me mentaliser en visualisant des nanas que j'aime et que j'admire, et qui y sont soumises comme moi ... Bizarre, je n'ai aucun souci à les imaginer, et elles me sembleraient pas humiliées pour autant ... Alors que quand c'est moi, c'est une autre paire de manches. )

 

Je me doute que je penserai toujours que cet examen est barbare, invasif et avilissant. Allez, écrivons le une bonne fois, je trouve ça humiliant, mortifiant, violent, blessant, choquant, outrageant ...Et même si je me sens apte à le supporter physiquement, je n'arrive pas à accepter que je laisse faire un truc pareil. Que je ME le laisse faire, et que je ne fais rien pour éviter ça à mes consoeurs, aussi petite que puisse être mon action ... Parfois, je me demande si mon quatrième prénom, c'est pas Cassandre !

 

J'aimerais tant me dire c'est l'état actuel des savoirs qui fait qu'on n'a pas vraiment le choix, et que nous sommes si nobles, nous qui acceptons de souffrir ainsi parce que nous savons que notre vie et notre santé sont précieuses ...

 

C'est pas simple !

 

 

 

(PS : je me doute que ces deux notes vont susciter beaucoup de commentaires, mais je n'aurai un accès à internet que très ponctuel jusqu'à lundi soir tard. Donc si je ne réponds pas, ne vous affolez pas, je vais bien. Je suis même contente d'avoir réussi à vous dire tout ça, je crois que j'ai fait un pas de géante ... Ca me fait penser à une de mes citations préférées : « Je répéterai le mot nègre, nègre, nègre jusqu’à ce que ce mot soit totalement vidé de son sens, et que plus jamais aucun enfant noir ne pleure en l'entendant dans la cour de l'école » disait Guy Bedos - reprenant Lenny Bruce)

Rédigé par Apostille

Publié dans #La Vraie vie d'Apostille

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M
<br /> <br /> Je n'avais jamais pris le temps de lire ce billet (et je le savais). Donc ça m'arrange qu'il se soit copié ici. L'occasion de te souhaiter plein de courage pour vivre (et non pas affronter) ta<br /> vie en tant que femme.<br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Merciiii :)<br /> <br /> <br /> <br />