Alors celle-là, pas de doute, c'est la mienne ...
Publié le 26 Janvier 2013
Hum.
Après que j'ai posté la note qui vous décrivait par le menu les matinées de ma fille, évidemment, tout est parti à vau-l'eau...
Avant-hier, impossible de trouver le sommeil le matin, du coup belle* a dormi hyper tard l'après-midi/soir, et elle a eu un mal infini à se rendormir après la première tétée de la nuit. (* Lapsus révélateur !)
Hier matin, rebelote... Elle n'a réussi à s'endormir qu'en écharpe (après la tétée de 14h, je la porte tous les jours. C'est à la fois sa balade et mon moment à moi, puisque je peux aller où bon me semble !) , et je l'ai gardée pendant les 3/4 de mon cours de couture (soit 3 heures). A la surjeteuse. Pratique... Mais je savais qu'elle se réveillerait si je la posais, et j'avais besoin qu'elle dorme pour respirer (oui, c'était égoïste. Je peux aussi dire que je savais qu'elle avait besoin de dormir, ça n'est pas mentir, mais j'avais surtout besoin de sortir et de voir du monde, moi, sinon je pense que j'aurais craqué)
Et à partir de son réveil, ça a été terrible...
Des pleurs inconsolables, une accalmie de temps en temps, mais grosso-modo, pendant trois heures. Dans nos bras, sur nos genoux, dans le lit (pas seule, et nous la berçions de nos quatre mains), le cocoon, bref, l'horreur. Et évidemment, assez rapidement, toutes les filles de la maison étaient en pleurs... Sympa pour le pauvre D. qui revenait du boulot !
Evidemment, ça a fini par se tasser.
Et évidemment, le dodo qui a suivi a été bien long et paisible...
Et évidemment, j'ai un peu honte de le dire.
C'est particulièrement dur pour moi, ces crises de larmes qui font suite à un manque de repos, car je n'ai jamais essayé de "la dresser" ! Même si c'est à horaires à peu près prévisibles, quand je lui propose le sommeil, c'est qu'elle en montre le besoin (elle baille, se suce la main...) . Donc j'imaginais qu'en essayant de bien repérer ses besoins, et d'y répondre correctement, j'allais éviter les pleurs de décharge... On peut rêver ! :P
J'y ai énormément réfléchi, et je crois que ce qui s'est passé, c'est qu'elle n'avait tout simplement pas assez dormi, et elle avait besoin d'évacuer le surplus d'énergie et de nouveauté. Je m'explique : par exemple, quand elle est fatiguée la matin, et qu'elle ne réussit pas à trouver le sommeil, elle râle. Donc on la console, elle s'endort un peu aux bras. On la pose, elle se réveille. Forcément, c'était mieux au bras ! Et ça dure un moment, jusqu'à ce qu'elle tombe raide après une tétée-repas (la tétée-câlin, ça la fatigue pas assez, peu importe la durée.)
Si on tente l'écharpe, elle ne dort pas non plus... Trop de choses à voir et à faire !
C'est un poil compliqué : contrairement à ce que tu évoquais dans tes commentaires, Floh, nous on a le modèle qui ne dort pas même s'il en montre clairement le besoin... Mon chéri suggère, et c'est ce qui explique le titre de cette note, que ma fille tient de moi : en effet, j'ai toujours des trucs à faire, à découvrir, et mon sommeil passe en arrière-plan. Et ma fille, elle est pareille. Ou est-ce moi qui l'ai involontairement contaminée/conditionnée?
Ca, pour moi, c'est tout simplement impossible à admettre. Il faut qu'on arrive à lui faire sentir qu'elle peut s'autoriser à se poser et se reposer, que le monde sera toujours là à son réveil, que dormir, ça n'est pas mal. Tout comme s'accorder du temps pour soi, du temps à ne rien faire... J'ai trop de mal à faire avec ce défaut, je ne veux pas qu'elle aie le même !
Malheureusement, à son âge, tout est nouveauté, donc tout est synonyme de distraction, d'excitation...
Du coup, nous avons décidé d'accepter un peu plus de petits pleurs et de rouspétages épars, si ça lui permet de relâcher la pression petit à petit et d'être globalement plus sereine. (Idée croisée ici : les pleurs de décharge, c'est comme une cocotte, ça s'accumule ...)
Par exemple, quand elle manifeste des signes de fatigue, vu qu'elle ne veut apparamment pas dormir là où il y a de l'action (plus petite, c'était pile le contraire !), on la prend, on lui donne une tétée / un câlin dans sa chambre, et on la pose ensommeillée, mais encore éveillée au calme, rideaux tirés, dans une lumière douce. Les bruits de la maison continuent en arrière-plan, car on tient à essayer de ne pas reproduire les conditions de la nuit. Et on reste avec elle jusqu'à ce qu'elle soit à trois secondes de s'endormir, en lui expliquant qu'on sera là à son réveil. Dit comme ça, ça me fait un peu bizarre, je me dis que forcément ça devrait lui donner encore plus envie de lutter pour pas qu'on parte ! D'un autre coté, elle apprend que notre absence n'est pas synonyme d'abandon, puisqu'on vient dès qu'elle le demande.
On l'a fait pour la première fois ce matin, elle a rouspété (pas pleuré) un petit moment (5-10 min je pense) pendant qu'on la câlinait et la berçait, en lui expliquant qu'on avait vu qu'elle avait besoin de repos, et qu'on allait l'aider à le trouver. Puis elle a pleurouillé une petite minute comme elle fait toujours avant de s'endormir après une grosse crise de larmes.
Puis elle a commencé à pénéquer, alors on lui a dit qu'elle allait se reposer un peu seule, qu'on serait là à son réveil, qu'on reviendrait la voir si elle avait besoin, mais qu'elle resterait dans son lit pour se reposer un petit moment parce qu'elle en avait besoin, avec ou sans nous (comment déterminer le moment où elle se serait assez reposée si elle ne dormait pas, aucune idée, passons.) Et on est sortis. Elle est restée éveillée dix minutes, pas résignée, pas bougonne ni triste, mais toute calme et visiblement détendue, (on a jeté un oeil) et depuis, elle dort comme un loir... Et quand elle réussit son dodo du matin, en général, la journée est bonne...
Si seulement ça pouvait être le début d'une longue et belle histoire entre ma fille et le repos...
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Finalement, j'ai été interrompue dans ma note par un besoin de tétée. Ma fille s'endormait aux trois quarts au sein...
Contrairement à ma (mauvaise, je pense, dans notre cas) habitude, je n'ai pas attendu qu'elle dorme, puis fait tout doucement pour le rot, et posage en catimini... Je lui ai fait faire le rot, puis je l'ai changée sans trop la secouer, mais sans faire méga-gaffe. Puis je l'ai regardée : on a joué dix bonnes minutes à babiller, puis elle a baillé, et comme c'est dans ses habitudes de dormir après cette tétée, j'ai poursuivi le jeu un peu plus calmement, en attendant de savoir si c'était bien ça, ou si c'était la force de mon habitude. Trois baillements plus tard, je l'ai remise au lit avec un câlin. Elle a rouspété pour la forme, pendant que je lui expliquais derechef que c'était pas une punition, que je me débarrassais pas d'elle, mais plutôt des trucs à faire pour être disponible ensuite pour elle quand elle voudrait jouer, que ses jouets et moi serions là à son réveil, qu'elle aurait rien raté... Et elle dort de nouveau, les bras en croix...
Je ne sais pas si c'est un accident, mais la voir comme ça, quel pied !
En parallère, j'ai remis en place les changes de la nuit, qu'on avait supprimés pour ne pas la réveiller après qu'elle se soit endormie au sein. Parce que comme elle se rendort de toute façon, je pense que c'est bien d'utiliser cette capacité ... Du coup, tétée, rot, change dans le calme mais change quand même. Petite berceuse, et quand je la repose, elle dort à 99%. Donc elle apprend à faire le dernier 1% "toute seule"...) Du coup, ça me permet de moins flipper de la réveiller accidentellement pour le rot, donc c'est plus efficace (c'est arrivé qu'à force de douceur, tout ne sorte pas, et que ça la réveille... Et là, pour le coup, c'était pas un réveil en douceur :/ ), et j'ai aussi moins peur qu'elle aie les fesses à vif.
Bien sûr, tout ça a été décidé à deux. J'espère qu'on fait bien, c'est tellement dur de se dépétrer de ce qu'on a appris, de ses raisonnements, de faire confiance à son instinct. C'est aussi dur pour moi de faire abstraction de ma grand-mère qui me dit "j'espère que tu la prends pas trop aux bras !" que de l'idée que plus je la porterai, plus elle sera indépendante...
Quelque part, je me demande si c'est bien de faire moit/moit (par exemple, on partage la chambre mais pas le lit, je la porte mais pas toute la journée, je l'allaite à la demande mais je ne propose pas le sein en premier quand je sais que c'est pas pour manger). Peut-être que c'est pile le mauvais compromis... Par exemple, une enfant habituée à être portée un peu ne va-t-elle pas demander à en avoir plus ?(Quelque part, ça rejoint l'idée que le portage rendrait capricieux les enfants. Ceci dit, l'idée du portage, c'est de répondre à 100% aux besoins de contact. Si je ne réponds qu'à 50%, c'est peut-être normal qu'elle réclame..? )
Rhaaaaaaaaa, galère !
On va essayer de s'en tenir à ce qu'on a décidé, on verra ce que ça donne, quitte à changer quand ça n'ira plus !