"Avoir" un enfant ..?
Publié le 1 Février 2012
Ca fait longtemps que je tourne autour de ce sujet, de cette expression... Sans contrainten, sans avoir décidé qu'il fallait trouver le bon mot pour qu'il soit prêt à être utilisé au bon moment... Peut-être que mon cher et tendre trouvera tout de suite le mot juste, ou qu'il aura réfléchi de son coté... Pour le moment, il me semble prématuré d'en discuter, bien que j'y sois ouverte s'il le souhaite ^^, alors je mène le débat avec moi-même.
D'une façon générale, je trouve qu'il est utile de mettre les bons mots sur les bonnes choses, les bons concepts, les bonnes idées... Parce que je crois que les mots que nous prononçons, les phrases que nous contruisons, impriment leur marque à la réalité. Je l'ai expérimenté par un approche complètement empirique de la communication non-violente*, et je dois avouer que je trouve que ça a de bons résultats !
Du coup, j'essaie de me poser les bonnes questions quand un vocable ou une expression ne me satisfait pas. Ca a été le cas avec la phrase "je vais me marier", remisée avant même d'avoir servi, au profit de "nous allons nous marier". C'est peut-être anecdotique, mais je pense que ça m'a aidée à bien prendre la mesure du fait que nous étions deux, que nous avions choisi de nous marier parce que nous nous aimons. Ce simple "nous" remettait à mon sens le mariage (wedding) dans la perspective de notre histoire, le remplaçant du même coup par le Mariage (marriage).
Je ne sais pas si cette phrase est un déclencheur (à force de dire "nous", je l'imprime) ou une conséquence (je veux que mon futur époux sache que ses opinions comptent autant que les miennes, alors je prends l'habitude de l'associer au discours, même en son abscence). Probablement, les deux...
Ce n'est peut-être pas très parlant pour vous, et, heureusement, tout le monde n'a pas, ne peut pas avoir la même vision des choses ! Mais pour nous, ça a été un vrai plus : Ca m'a évité de me mettre en colère pour une déco ou une chanson qui ne me plaisait pas, et m'a permis de faire à mon chéri toute la place nécessaire pour que ces journées soient vraiment les nôtres. Et je crois qu'il n'y a pas besoin de faire un dessin pour savoir que du coup, c'était aussi mieux pour lui ;D
En ce qui concerne un (hypothétique) enfant, parce qu'il faut bien revenir à nos cigognes, je n'ai pas encore trouvé la phrase qui me parlerait. Je préfère déjà , à l'oreille, "nous allons avoir un enfant" à "nous allons avoir un bébé", parce qu'il me semble que c'est plus proche de la réalité... Un bébé ne reste pas un bébé éternellement ! C'est d'ailleurs une partie du propos de ce livre, dont je vous parlerai bientôt, et que je trouve plutôt pas mal (du moins, ce que j'ai lu ne me déplaît pas.) Pour le moment, je n'ai pas trouvé de concept qui me chamboule, plutôt des idées que je partage, mieux analysées, moins empiriques, exprimées plus clairement que je ne saurais le faire. Et ça fait du bien. C'est peut-être pour ça que j'aime bien ce livre :)
Mais "avoir" un enfant... D'une certaine façon, cette locution est tellement passée dans le langage courant que je ne saurais pas par quoi la remplacer. Mais le verbe avoir me gène, parce qu'il est synonyme de posséder...Si nous avons un jour des enfants, nous serons, quoi qu'il arrive, leurs parents, ils ne pourront pas, quiqu'ils fassent, l'effacer. D'une certaine façon, nous les "posséderons" de ce fait à jamais, et eux nous "auront" toujours pour parents. Mais est-ce-ça qui constitue la relation parent-enfant ? J'en doute, d'autant que je connais des beaux-parents qui sont de merveilleux parents pour des enfants "qui ne sont pas les leurs". Et que dire des parents adoptifs ?
"Accueillir un enfant" ? Du fait de l'omniprésence de l'expression "avoir un enfant", il me semble que ça sous-entend un enfant adopté, mais ça a le mérite de souligner qu'on "reçoit" un enfant avec sa propre personnalité, son caractère ... " Recevoir ne me parle pas, peut-être parce que je trouve que ça fait un peu référence à une entité supérieure.
"Accueillir un enfant dans la famille " ? Why not... Pas parfait, mais j'aime bien. Là encore, tout est question de point de vue, mais du mien, l'Homme-Chocolat et moi, nous sommes déjà une famille. Zéroparentale, mais une famille quand même ! Du coup, out le "fonder une famille".(Tiens, zéroparentale, en revanche, ça me plaît !)
"Agrandir la famille " ? Pourquoi pas !
Ceci dit, "avoir" un enfant, il me semble que ça change fondamentalement deux aspects d'une vie, et c'est peut-être l'autre angle d'approche qui sera le plus parlant pour moi : D'abord, il y a cet enfant, qu'on "l'aie", qu'on "l'accueille", qu'on "le reçoive" ... Mais en mettant au monde un enfant, nous devenons parents.
"Nous allons être parents", ça me plaît pas mal ... Ca manque un peu d'une petite nuance, qui dirait discrètement : on va être parents, mais on n'a pas l'intention de devenir des gens tout bien raisonnables comme dans les livres pour autant, on va devenir parents à notre façon. Un peu long à formuler, et, tout bien considéré, ça sous entend à peu près tout, sauf un enfant biologique, ce qui est à priori la voie que nous avons en tête.
Et vous, ça vous semble anecdotique ou vous vous êtes posé la question ? Si vous y avez réfléchi, quelle(s) réponse(s) vous ont parlé, évoqué des choses ? Qu'avez vous choisi ? Et finalement, avez vous gardé "votre phrase" ou finalement, avez-vous adapté vos mots à la situation, à l'interlocuteur ...
* J'ai un peu feuilleté le site en rédigeant cet article, et je trouve que le discours général va un peu loin, et que les formations proposées, qui sont hors de prix, ne sont pas engageantes. Je trouve que pratiquer de tels prix pour des "formations de développement personnel", aussi intéressantes soient-elles, "ça fait un peu secte", surtout quand il s'agit "d'apprendre" à identifier nos comportements, à les modifier, et "repérer nos vraies envies et besoins..." Il me semble que quand on travaille sur ces sujets, on est tout particulièrement proche du domaine des manipulations mentales. Après une rapide recherche sur les sites dédiés aux sectes, je n'ai rien trouvé, et j'en suis plutôt contente. Je dirais qu'il faut laisser à la CNV le bénéfice du doute, qu'il y a certainement d'excellentes choses dans les articles et les livres, des gens très bien, mais qu'il faut savoir faire le tri... Comme toujours ! Si vous êtes pratiquant(e) de la CNV, j'espère que vous ne serez pas vexé(e). Et je suis ouverte à vos commentaires et anecdotes sur le sujet...