Et les hommes dans tout ça ?

Publié le 12 Novembre 2011

Suite d'une réflexion entamée dans cette note.

 

Petit retour en arrière sur ce qui m'a inspiré cet article :

 

"Attention, je ne dis pas qu'il faut que la femme change de contraceptif pour être toujours disposée à avoir envie, ou pour avoir envie plus souvent pour faire plaisir à son ami(e).(le "devoir conjugal", quelle connerie !) . Je dis que si elle souffre de ce "décalage" ou si les deux en souffrent, elle peut agir ! Si c'est son compagnon, je pense, mais ça n'engage que moi, qu'elle peut faire le test d'une contraception différente, pour voir si elle a effectivement plus de libido, et si ça lui convient. J'insiste sur ce point parce que, autant pour la contraception que tout ce qui touche à la sexualité, je pense que les discours posts mai 68 n'ont pas fait QUE du bien."

 

Hé beh oui.

 

Un gros, gros pavé dans la mare, surtout que je m'apprête à traiter sur ce blog les couches lavables, qui filent des boutons à notre chère Elisabeth, mon souhait de ne pas avoir de péridurale (à priori, on ne peut jamais savoir avant le jour J), mon souhait partagé d'allaiter si possible, et mon voeu d'un accouchement le moins médicalisé possible ( on en reparlera !)

 

Je sais d'ores et déjà que pour la plupart de ces thèmes, je vais devoir préciser, re-préciser, souligner, argumenter, et re-préciser encore : je suis féministe.C'est à dire que je pense que l'homme et la femme sont égaux. Comme l'une de mes amies le dit très bien, il y a des dizaines de façons de vivre le féminisme. Il y a des hommes féministes, et j'en connais plein.  D'ailleurs, avant de lire cet article, j'avais plus de facilité à me dire que mon chéri était féministe (puisqu'on peut difficilement l'accuser de ne pas aimer la gent masculine) qu'à me poser comme telle.

 

Je suis féministe. Ceci dit, pour moi, les hommes et les femmes sont différents ! Je ne crois pas que nos cerveaux fonctionnent différemment (on peut y revenir), que les hommes sont plus agressifs et aiment le pouvoir, et que les femmes sont de petites choses délicates. Je crois simplement que chaque personne est différente, et que la façon dont nous avons été élevés en tant que fille ou garçon a contribué à façonner ce que nous sommes. Donc, il y a des comportements plus répandus chez les filles, en partie grâce ou à cause de leur biologie, en partie à cause ou grâce à leur éducation, et il en va de même pour les garçons.

 

Cela me fait penser à un article que je lisais il y a peu, à propos d'un manuel scolaire (qui fait évidemment débat) où l'on peut lire ceci : " Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socio-culturel... "

 

Quoiqu'il en soit, je crois que les hommes et les femmes sont égaux en général, mais que malheureusement, la culture que nous avons acquise fait que cela n'est pas encore assez le cas dans des cas particuliers. Par exemple, quand il s'agit de devenir pilote de chasse, un homme sera encore souvent avantagé par ses supérieurs... En revanche, s'il souhaite être coiffeur, il a intérêt à s'accrocher !

 

Par contre, il y a des facteurs biologiques contre lesquels nous ne pouvons pas lutter : les hommes ne peuvent pas porter d'enfant, ne peuvent pas accoucher, ni allaiter.

 

De même, pour le moment, ils ne peuvent pas être en charge d'une contraception , sauf le préservatif.

 

Là encore, je ne juge rien ni personne ! Si un couple trouve que le préservatif masculin est le contraceptif qui lui convient le mieux, qui a le droit de dire qu'il se trompe ? Même si c'est pour des raisons qui vont à l'encontre de ce qui nous paraît moral (par exemple, ça peut venir d'un manque de confiance de l'homme envers la femme), où à l'encontre de la science (une méfiance infondée envers tel ou tel moyen de contraception) , c'est un choix qu'il faut respecter (après, personne ne vous empèche de donner votre avis si on vous le demande, ou de le donner gentiment, en essayant de ne pas juger !)

 

Bref, la contraception repose dans une très grande majorité des cas sur les femmes. Elles peuvent désormais (et pour ça , merci mai 68) décider de ne pas "tomber" enceintes, voire d'avorter. Et c'est un grand progrès.

 

Seulement, est-ce que pour autant, nous devons complètement prendre le pas sur les hommes ? Pendant des siècles, les femmes ont du subir. Il y avait une interaction homme - femme (par toujours voulue par la femme, en plus) , puis la nature décidait celle qui allait avoir un enfant, désiré ou non, et celle qui souffrirait de ne pas arriver à concevoir. Triste, injuste; mais réel. Dans le pire des cas, la femme n'avait eu aucun mot à dire. Dans un cas à peine meilleur, elle avait consenti au rapport, mais elle se retrouvait seule avec les conséquences.

 

Aujourd'hui, le schéma pourrait être celui-là : d'abord une interaction homme - femme, puis la femme décide (bon souvent c'est avant, mais ce n'est pas important je pense pour la démonstration présente) de ce qu'elle veut faire de son corps, et fait pour cela appel à la science médicale. Dans le pire des cas, l'homme n'a aucun mot à dire.

 

Alors bien sûr, encore et encore, ce sont NOS corps. On a le droit de ne pas vouloir d'enfant du tout, ou de ne pas en vouloir un maintenant, ou de préférer adopter. Mais je pense très fermement que quelle que soit sa décision, une femme ne devrait jamais dire : Moi je fais ce que je veux, tu te démerdes. Parce que si par exemple, elle ne veut pas d'enfants, son compagnon est acculé ... A lui de voir ensuite s'il préfère rester ou partir. Et s'il part, pourquoi lui jeter des pierres ? Une femme a bien le droit de quitter un compagnon qui veut lui imposer des enfants alors qu'elle s'y refuse, non ?

 

Il en va de même pour le choix de la contraception. Oui, les douleurs de règles, c'est pour nous, mesdemoiselles et mesdames, oui, l'avortement qui peut résulter d'une contraception pas assez fiable (ou d'un regrettable accident) , c'est aussi pour nous. Mais les hommes qui nous aiment ne s'en foutent pas (du moins les hommes bien, à mon sens) !

C'est pour ça que le choix d'un contraceptif, doit se faire, à mon avis, dans la concertation le plus possible. Parce que la sexualité c'est aussi une histoire de couple ! On peut très bien préférer la pilule avec Georges, et le préservatif avec Albert ! Et s'il y a des effets secondaires ( règles douloureuses avec utilisation d'un préservatif, du simple fait qu'on ne prend pas la pilule, baisse de désir, malaise...) , on en parle, on en parle, on en parle !

 

 Les hommes ne sont pas des obsédés, les femmes ne sont pas "peu pratiquantes". Nous avons tous un rythme propre, plus ou moins actif, suivant les jours, les saisons, peu importe notre sexe ! Si une femme a envie d'avoir une libido plus active, elle n'est pas condamnable! Si c'est parce qu'elle a du plaisir à faire l'amour, ça gène qui ? Si c'est aussi pour faire plaisir à son amoureux, en quoi ça nous regarde, si tout le monde est heureux ? Je trouverais ça dommage qu'elle ne change de contraceptif que pour lui faire plaisir, si elle n'aime pas faire l'amour plus que ça. D'autant qu'un homme peut très bien comprendre qu'une femme n'aie pas les mêmes envies que lui. Et vice versa ! A mon avis, quand l'un des deux qui "force", ça vient d'un désordre au sein du couple. Désordre qui pourraît peut-être être réglé en parlant...

 

Pour conclure, oui, ce sont nos corps. Oui, nous les aimons. Et nous aimons les hommes et les femmes qui les aiment autant que ce qu'ils aiment tout le reste de ce que nous sommes.

 

C'est pour ça qu'à mon sens, on ne doit pas s'en servir comme d'une arme contre eux...

 

Rédigé par Apostille

Publié dans #Questions et réfléxions d'ordre général ...

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M
<br /> deux réactions :<br /> <br /> <br /> - préservatif = oui un moyen de contraception mais aussi le seul moyen de lutter contre les MST. On ne le dira jamais assez. #même si les gens qui sont censés le dire disent des choses<br /> "dérangeantes" (je raconterai à l'occasion)#<br /> <br /> <br /> - de mon côté j'ai toujours associé partenaire / moyen de contraception. Encore une fois, ça me paraissait "normal". Pour finir en "apothéose" niveau concertation avec monsieur, avec la<br /> régulation des naissances.<br /> <br /> <br /> Concernant la pub dont parle Lila, c'est que je ne m'identifiais pas DU TOUT à la dame que j'ai souhaité ne pas prendre la pilule.<br />
Répondre
A
<br /> <br /> Effectivement, pour les préservatifs, qu'ajouter de plus à ton propos :D<br /> <br /> <br /> Pour le reste, je me doute que tu réagis comme ça, mais es-tu bien "normale" ? :D Blague à part, je te connais assez pour savoir que tu réfléchis beaucoup. Tout le monde n'a pas le même<br /> comportement. Alors donnons à réléchir ... :)<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> C'est pas directement en rapport avec l'article, mais je sais pas si tu as vu, en ce moment il y a une campagne de pub pour proposer d'autres modes de contraception que la pillule qui souligne le<br /> fait que d'autres contraceptifs peuvent être plus adaptés. Même si c'est plus pour une question "pratique" (si vous ne pensez pas systématiquement à la pillule, d'autres contraceptifs seront plus<br /> simples) que pour s'interroger sur le fait que la pillule nous convienne vraiment au nom, je trouve ça intéressant. <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> <br /> Oui, effectivement, j'ai vu cette campagne et je la trouve bienvenue. J'ai eu beaucoup de copines un peu étourdies qui ont eu de grosses frayeurs. Heureusement, ça c'est toujours bien fini pour<br /> elles,mais réfléchir à un autre contraceptif, c'est pas plus mal ! :)<br /> <br /> <br /> <br />