Raconter ...
Publié le 2 Janvier 2013
Pour être à peu près logique, ou du moins pour respecter l'ordre chrono-logique, je devrais commencer par vous raconter mon accouchement. A moins de vouloir faire l'impasse, mais ce n'est pas le cas... Je n'en ai pas vraiment le désir (comme je peux actuellement ardemment désirer un Escargot - de Lanvin, les autres, je ne les mange pas). Mais je crois que je dois "accoucher" aussi de la fin de l'histoire... Pas pour moi, mais parce que mon expérience peut servir à d'autres...
J'ai déjà rédigé le récit de la venue au monde de ma petite, il y a deux bonnes semaines. Même si je n'ai pas trop de regrets, il reste encore une ou deux choses que j'ai du mal à "avaler", et quand j'ai écrit ces notes, j'en avais les larmes aux yeux. C'est probablement pour ça que j'ai du mal à les poster... Pour le moment, je suis la seule à savoir ce qui s'est passé exactement (ainsi que mon chéri, à 95%). Accepter de raconter cette histoire sans fard, c'est accepter de reconnaître que ce qui a eu lieu a eu lieu, qu'on ne peut plus rien changer.
C'est accepter ce que je ressens en partie comme un échec, bien que ce qui me faisait le plus peur (entrer en relation avec le personnel médical) se soit très bien déroulé, dans l'ensemble.
C'est accepter que le seul point dont je n'ai jamais douté, à savoir la capacité de mon corps à mettre au monde ma petite fille de façon physiologique, c'est justement ce qui n'a pas marché.
J'ai eu de la chance, j'ai échappé d'assez près à la césarienne ou à l'extraction instrumentale.
J'ai eu de la chance, je n'ai pas le sentiment "d'avoir été accouchée", mais "d'avoir accouché". Et le regard de mon chéri, pendant et depuis, en dit très long sur ce point précis.
Malgré tout, j'ai du accepter le recours à la péridurale, au percement de la poche des eaux et aux hormones.
Je ne peux pas m'empêcher de me demander si, vu sa taille, la mobilité de mon bassin, ma résistance à la douleur, j'aurais pu mettre mon enfant au monde sans aide - je parle des trois interventions médicales citées ci-dessus, je ne me serais pas vue accoucher sans sage-femme, même si je respecte ce choix. Ou si c'est grâce à ma motivation et à tout le travail accompli pendant la grossesse (ainsi qu'au soutien de l'Homme Chocolat, cela va sans dire) que, malgré tout, cette naissance a pu se dérouler presque normalement.
Il y a une autre question que je n'arrive pas à évacuer : si nous avions choisi une MdN ou un accouchement à domicile, comment les choses se seraient-elles déroulées ? Vu que le problème de cette naissance, c'est le temps qu'elle a pris, j'aurais eu dix fois le temps d'un transfert. Donc, je pense que nous n'aurions rien risqué. Mais est-ce-que ma puce serait venue plus facilement ? Qu'est-ce-qui, à un moment, a fait que cette naissance que j'envisageais si sereinement a pris près de trente heures, et encore, avec de l'assistance médicale ?
Au fond, la question qui me taraude, c'est celle de la physiologie... Est-ce-que je me suis dégonflée devant une réalité plus dure que prévu, ou est-ce que j'ai assuré face à un accouchement difficile ?
Je ne le saurai jamais.
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(Note écrite une jour difficile, il faisait moche et A. avait du mal à dormir. Ne vous inquiétez pas, cet accouchement laisse plein de questions en suspens, mais je vais bien ...)