Dignité, mes fesses !
Publié le 20 Août 2012
Titre honteusement pompé sur l'article qui a mis le feu aux poudres, ici !
En revenant de "vacances", même si elles ont eu un ton un peu différent de celui qu'on entend d'habitude, la moitié ayant été passée à visiter ma propre région avec des amis de passage, j'ai repris la lecture des blogs que j'apprécie,et je me suis rendue compte de la mini-tempête qui avait secoué ce petit monde. Enfin, mini, façon de parler, puisqu'apparemment, Madame la Ministre s'est empérée de l'idée... Grand bien lui fasse, on en a encore plein des idées comme ça , qu'elle se serve ! :D
Je parle bien évidemment de la fameuuuse blouse d'hôpital !
J'en parle d'autant plus à propos que (ne vous inquiétez pas, la suite de la saison -1 arrive !) nous sommes, surtout moi puisque mon chéri me laisse les aspectes techniques (on pourrait relancer le débat sur la difficulté de trouver le juste milieu ente le nécessaire contrôle de la femme acchouchante sur son corps, ou du moins, sur le fait qu'elle aie des desiderata, pas forcément compatibles avec ceux de son compagnon / sa compagne... Mais on le fera une autre fois !) en pleine rédaction de notre PN. Il est possible qu'au moment venu, certains bouts ou même le PN entier soient partagés ici, c'est encore à voir.
En tout cas, il est évident qu'à titre personnel, je ne suis pas du tout pour la blouse ouverte au cul. Ben oui, quoi... Il est question de le montrer, alors pourquoi ne pas l'appeller comme il s'appelle ? Vous pourriez me dire, ça s'appelle des fesses. Et bien, en ce qui me concerne, s'il s'agit de le montrer alors que je n'en ai pas envie, c'est un cul. Vous trouvez ça vulgaire ? Peut-être, mais moins que d'être forcé(e) de se ballader comme ça, non ?
Ceci dit, même s'il est question d'intimité dans ce PN, je n'y abordais pas vraiment cette question.
Parce qu'il m'a semblé que les blouses qu'on nous a prétées à notre visite de la maternité étaient bien couvrantes (ceci dit, je n'avais qu'un petit bidon de 4 mois :P), mais surtout parce que je me disais que si j'étais suffisamment en forme, je ne mettrai pas la blouse après l'accouchement - enfin, après les deux heures de "repos" qui le suivent (un de mes premiers achats de grossesse, ce sont deux robes de grossesse et d'allaitement en jersey de coton bio, noires, bein extensibles, qui s'enfilent par les épaules), et que si j'étais vraiment obligée de la mettre à un moment, j'ai prévu de me procurer des sous-vêtements faciles à mettre et à enlever, confortables et suffisamment couvrants pour être acceptables. Et croyez-moi, j'ai l'intention d'en faire usage le maximum. Même si je sais qu'à un moment, je pourrai bien vouloir m'en passer, je préfère prévoir et en parler avec le personnel, quitte à finalement aller plus "dans leur sens" le jour J ! (Je pense en particulier à un article de Dix Lunes, où la patiente se débarrasse seule de ses vêtements en disant "avant, je ne pouvais pas " ... Article que je ne retouve malheureusement pas. )
Maintenant que la Ministre s'en est mélée (et elle a raison de le faire, bien sûr !), parler de la blouse dans ce PN me semble un tout petit peu incongru... Personne à l'hôpital ne peut désormais faire semblant d'ignorer que cela gène un grand nombre de patients. C'est pas pour autant que les fonds sont là pour racheter 1000 blouses !
Je ne modifierai donc probablement rien à ce propos. Quitte, à, le jour J et si je dois vraiment mettre la blouse, demander s'il n'y a pas d'autre modèle, juste comme une piqure de rappel ...
En tout cas, même si cela semble un peu anecdotique et que l'on me dira sûrement qu'il y a des combats plus importants (comme on me l'a dit pour la case Madame / Mademoiselle), je trouve que cela en vaut la peine.
Parce que chaque petite chose qui peut être faite pour changer le regard des patients sur eux-mêmes (sans parler du regard des quelques médecins "maltraitants" (cf ici) qu'on devrait mettre hors des lieux de soin à grands coups de pied dans ce que laissent entrevoir les blouses) contribue à les replacer au centre du système de soins, en position de partenaire, d'interlocuteur. *
(* Après, et comme me le disait une ancienne infirmière autour d'une table il y a peu, c'est tellement plus facile pour certains patients de se laisser faire sans rien dire et sans rien demander, ça nécessite de prendre moins de responsabilités... J'aimerais pas être médecin, moi, je vous le dis !)
Si vous voulez en lire plus sur le sujet et sur ce qu'il révèle en filigrane, je vous conseille cet article bien mieux construit et bien plus documenté que le mien :
Maltraitance des soignants, maltraitance des patients.
Bien sûr, on en parle aussi chez Dix Lunes, Jaddo, Borée.
Ah, j'allais oublier le lien vers la pétition : c'est par là !