Récit AAD - Samuel ...

Publié le 14 Août 2012

 On poursuit avec le second récit de Charlinette...

La naissance de ma seconde 8ème merveille du monde : Samuel

Cette fin de grossesse est un peu éprouvante pour moi je dois bien le reconnaître… je suis fatiguée, mon corps est lourd et puis je sens que tu naîtras un peu avant la date du terme. Je le sens mais j’ai eu un peu de mal à l’accepter… j’aime te sentir en moi, j’aime ces moments de « 2 en 1 », j’aime t’avoir encore égoïstement rien qu’à moi. Mais j’avoue aussi que j’ai envie de te rencontrer et surtout de découvrir la réaction de ton frère qui lui même te découvre…. Et puis, en fait j’ai envie de revivre un accouchement, de vivre ta naissance et d’être traversée par cette énergie de Vie qui me dépasse.

Ton frère Arthur aura une 1ère vraie gastro à vomir toute la nuit dans la nuit du mercredi au jeudi. Autant te dire que ton père et moi nous sommes très fatigués. Le vendredi 27 janvier, le soir je suis fatiguée et nauséeuse. Laurent m’enverra me coucher et s’occupera d’Arthur. Moi je vais vomir toute la 1ère partie de nuit et puis j’ai mal au ventre…. Comme si j’avais des contractions parce que purée ça fait mal quand même. Gastro ? contractions ? Dans le doute, avec la fatigue, je te dis quand même que j’aimerais bien que tu patientes 48h … Et en plus Béatrice (notre sage femme référente) est absente ce week end. Et dans la nuit, ton papa va prendre le relais de la gastro familiale. Le lendemain, fatigués, nous appellerons papi et mamie au secours. Au moment de partir, je dis à Arthur que j’appelerai pour dire si nous venons le chercher ce soir ou demain…. Il me répond sans hésiter «  à demain ! ».

La journée sera ponctuée de contractions inconfortables (au point de devoir me concentrer un peu pour les traverser) mais complètement anarchiques dans leur fréquence.  Je préviens ton papa que vraisemblablement tu te prépares à nous rejoindre sans attendre 10 jours de plus. Moi je comprends que tu seras bientôt là alors je profite de ces derniers moments à ma façon : je finis de lire un témoignage de naissance (et j’en ai les larmes aux yeux), je re-lis un livre de Musso, je cherche partout le cahier de naissance d’Arthur pour relire sa naissance et je ne le trouve pas… et je me dis que peut être tu désires que je ne m’en souvienne pas trop !

Le soir, ton papa va se coucher vers 20h avec 39 ° de fièvre… et moi je m’installe sur le canapé avec mon bouquin, devant la télé, prête à me délecter de cette dernière soirée « solo ». Mais le cœur n’y est pas, Arthur me manque. Alors j’appelle nos amis Anne et Morgan et leur raconte ces derniers jours. Et là, j’entends et je sens en même temps « poc » et je sens un liquide chaud glisser sur mes cuisses…. Je pense de suite que ta poche des eaux s’est rompue. J’abrège la conversation avec Anne et Morgan, sans rien leur dire, je ne veux pas me tromper, je ne veux pas sentir qu’ils sont en attente de ta naissance (et donc je ne veux pas me mettre la pression). Je raccroche et je monte prévenir Laurent que je vais appeler Hélène (notre 2nde sage femme). Je suis à la fois excitée et étrangement calme. J’appelle Hélène et je lui demande de venir vérifier si c’est bien la poche des eaux qui s’est rompue. Elle me confirme sa venue. J’appelle aussi Sabine, une amie-doula avec qui j’avais parlé de mes derniers doutes pour la prévenir de l’imminence de ta naissance. C’est la seule personne (avec ton papa et notre sage femme) que je préviens, tout comme pour la naissance de ton frère. Elle est ravie !

Et là je sens que j’ai envie de créer ma bulle… j’éteins la télé, je mets la petite lampe, je mets Tracy Chapman en fond sonore, j’allume la bougie de naissance de ton frère et je m’asseois sur mon ballon. Et j’accueille chacune de nos contractions avec calme et concentration. Je suis impatiente qu’Hélène arrive car je sais que je ne me laisserai aller qu’à partir de son arrivée. Quand elle arrive, je lui confirme qu’elle n’est pas venue pour rien, je sais que tu vas naitre cette nuit. Le temps où elle décharge sa voiture (tout le matériel médical du « au cas où »), est assez inconfortable. Je ne suis plus trop dans les contractions, je me sens observée, en insécurité, c’est comme si je n’osais pas montrer que j’ai des contractions et donc je n’ose pas faire de bruit/souffler fort. Les contractions sont encore tout à fait gérables mais je sens bien que c’est plus difficile là, je suis trop en dehors de mes sensations. J’ai hâte qu’elle soit vraiment arrivée. 

Une fois là, je lui demande un monito et de m’examiner.  Mon col est déjà dilaté à 5 cm !  Et là je regarde l’heure, il est 21h30 passées et je lui dis « ah c’est chouette, il naitra demain ; le 28 c’est une belle date ! » elle sourit mais ne dit rien et je sens que c’est bizarre mais je ne relève pas. A partir du monito, je peux me détendre et me re-concentrer. Puis je lui dis que j’ai envie d’un bain…. J’ai surtout envie de retrouver des repères par rapport à la naissance de ton frère et le bain m’avait beaucoup soulagée. Le temps de vivre quelques contractions qui s’intensifient  et me voilà dans l’eau. Au bout de 2/3 contractions, Hélène rentre dans la salle de bain et je lui dis que je pousse et que ça me fait du bien. D’ailleurs je t’imagine descendant dans mon bassin qui s’ouvre et je te sens descendre VRAIMENT et ça m’impressionne cette connexion. Comme si je pensais et que ma pensée créait l’action. Elle me demande ce que je veux faire. Je réponds « sortir ».

Elle me dit « bonne idée, je pense qu’après tu ne pourras plus, ton bébé arrive »…. Quoi ????? déjà ???? je me mets à 4 pattes sur le lit, peu convaincue, j’ai envie du tabouret d’accouchement mais elle n’en a pas. Les contractions sont bien là, envahissantes, violentes, déferlantes, bousculantes….   J’ai du mal à trouver un endroit où m’agripper, les draps ne résistent pas à la force de mes bras et puis je sens mon bassin qui s’écarte et ouacchhh ça fait mal cette sensation. Y’a plus de répit dans la douleur. Et puis Hélène me dit que tu arrives et moi je n’y crois pas et j’y crois tellement pas que pendant 2/3 contractions tu ne vas plus descendre, comme si je te retenais. Puis ça y est, je sens que tu arrives sur mon périnée, une sensation de brûlure apparaît. Hélène me propose de changer de position et ça tombe bien, j’en ai envie ! alors je me mets sur le dos, bien relevée, le dos appuyé sur les coussins. Et je pousse, fort, très fort. Mais purée que j’ai mal ! je sens comme une immense brûlure, un écartèlement, je suis contente car ça veut dire que tu es presque là mais purée que j’ai mal ! Alors je t’appelle : « viens mon bébé, viens nous rejoindre ! » et puis d’un coup, soulagement, t’as sorti ta tête ! La contraction suivante libèrera tes épaules. Le reste de ton corps suivra.

Tu vas émettre 2 pleurs vifs et tu t’arreteras, et tu chercheras à téter alors que ton cordon bat encore et que ton placenta est encore dans mon ventre !!! et moi je n’en reviens pas !!!!! tu es là ! déjà là !!! ton papa est ravi, étonné que tu sois arrivé si vite et heureusement pour lui… avec 39 ° de fièvre, il n’est pas en forme c’est le moins que l’on puisse dire !!! Après un certain moment (impossible à estimer pour moi), je demande à ton papa de te prendre dans ses bras (ce sera votre 1er peau à peau) car je sens, ou plutôt j’ai envie, que ton placenta sorte…. Le centre de mon inquiétude pour cette naissance aussi c’est que mon placenta sorte vite et bien, sans créer de problème. Et là, je m’accroupis à côté d’Hélène, elle titille le cordon, je le vois et je me dis que je ne veux pas qu’elle intervienne et perturbe la délivrance et là, je CHOISIS, consciemment la VIE et donc que oui toi mon placenta tu vas quitter mon utérus car tu es le bagage de naissance de mon bébé. Et au moment où j’ai choisi la Vie, mon placenta tombera dans la bassine posée entre mes jambes, sans effort particulier de ma part. Là oui ok je vais pouvoir être toute à toi mon bébé, mon nouveau né, petit être que j’ai rêvé pendant 9 mois et que j’aime déjà follement.

De notre 1ère nuit ensemble, je garde en mémoire tes tétées déjà déterminées, ton papa qui dort à côté de nous, ton petit corps tout chaud…. Et le lendemain je vois encore ton Grand Frère Arthur arriver dans notre chambre, me regarder, te regarder et voir ses yeux qui pétillent d’une joie et d’une excitation toutes retenues… notre vie à 4 démarre maintenant !

(écrit entre avril et juin 2012)

Charlinette, je ne sais pas comment te remercier... Pour ceux qui font ce choix et qui n'osent pas en parler, pour ceux qui voudraient le faire et qu'on traite d'inconscient sans recul et sans vergogne, pour ceux qui ne peuvent / n'osent pas (sans jugement, j'en fait partie ! ) se lancer ... Merci encore, du fond du coeur.

Rédigé par Apostille

Publié dans #On vous écoute !

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M
<br /> Contente de lire que tout s'est encore bien passé. De mon côté ça me tente mais je ne me suis jamais réellement posé la question. Sûrement trop tôt.<br /> <br /> <br /> Apostille, si tu veux lire d'autres témoignages : http://www.naitre-chez-soi.info/pages/Recits_de_Naissances_a_la_Maison-740979.html<br />
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A
<br /> <br /> Je crois que je vais laisser ton lien de coté, car il n'est pas trop possible pour nous d'opter pour un AAD. Et je crois que ça m'aurait plu... Merci quand même pour celles qui liront, et gros<br /> becs !<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> et merci à toi Apostille, car je me suis obligée à mettre en mots cette 2nde naissance (pour la 1ère j'avais fait un 1er récit quelques semaines après) ;-)<br /> <br /> <br /> ahh et pour précision, je regarde, dilatée à 5, il est 21h30... et Samuel est né à 22h 53.... et nous étions déjà le 28 janvier... quelle belle date ;-)<br />
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